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Le café du Cap-Vert

Le café capverdien, réputé, longtemps exporté, est rare. Incluez au programme de votre séjour la découverte de sa production et de sa préparation, dégustez-le à la mode locale.

Caféier au Cap-Vert

Un café d'exception

Votre voyage est l'occasion de goûter à un produit d'exception, car si l'arabica capverdien est renommé au-delà des frontières, sa production, de quelques dizaines de tonnes seulement, est essentiellement destinée au marché local.

Les terres volcaniques de Mosteiros, sur l'île de Fogo (première région productrice), qu'il a conquises dans la seconde moitié du XIXème siècle seulement, conviennent bien au caféier. Il se plait tout autant dans les vallées de l'est de Santo Antão, entre la Ribiera de Janela et la Ribiera Grande, où il se mêle aux arbres frutiers, à la banane et aux cultures vivrières. Il est aussi cultivé, en moindre quantité, à São Nicolau, où il aurait d'ailleurs été introduit dès 1790, à Santiago et à Brava.

Ile de Fogo, productrice de café au Cap-Vert.

Ile de Fogo

Découvrez avec nous le café au Cap-Vert!

Profitez d'une balade ou d'une randonnée dans la vallée de Paul, à Santo Antão, pour vous offrir une vraie “pause-café”. Oubliez la machine et ses gobelets... Avec une habitante, prenez le temps de :

  • regarder pousser les petits grains verts ou rouges sur les arbustes

  • comprendre les étapes de sa culture, de la plantation des caféiers à la récolte

  • vous initier au maniement du pilon ou de la meule

  • torréfier les grains et infuser lentement la poudre de café

  • déguster, bien sûr!

Lire aussi : La vallée de Paul

La production de café au Cap-Vert : un pari risqué

Le caféier pousse à une altitude comprise entre environ 300 et 1 300 mètres, de préférence à l'abri du vent et du soleil. Il apprécie les sols humides, profonds et assez riches en humus, mais se contente aussi de terres plus sèches. Il sait en effet profiter des microclimats : ainsi, une orientation Nord/Nord-Est dans les ravines lui permet de capter la condensation du brouillard.

Les producteurs de café capverdiens font face à la sécheresse, problème récurrent auquel s'ajoute désormais le manque de main d'oeuvre. A l'époque coloniale, dans les années 1920, l'appauvrissement des sols, le manque d'entretien des arbustes (faute de moyens financiers) et les attaques de parasites avaient déjà fait chuter la production.

Le café de Fogo : un nouveau départ

Sacs de café capverdien moulu de Santo Antão (Cap-Vert).

En 1934, Auguste Chevalier, botaniste, croit même le café disparu à São Nicolau! La “Junta de exportação do cafe” s'efforce alors de développer la production, étudiant et diffusant de nouvelles techniques.

Le café de Fogo, qui a bénéficié d'investissements hollandais il y a quelques années, retrouve le chemin des marchés étrangers, dont il a dévié vers 1970. Les voyageurs écoulent aussi une partie de la production, emportant quelques sachets dans leurs valises comme souvenir ou cadeau.

La grande époque du café capverdien

Ce regain d'intérêt pour les arbustes aux baies rouges n'est pas sans rappeler la “grande époque” du café capverdien. Sa production fluctue depuis toujours, notamment en fonction des conditions climatiques, sans jamais dépasser les quelques centaines de tonnes par an, du fait de la superficie limitée des terres propices à sa culture.

Le café constitue néanmoins l'une des principales exportations du Cap-Vert à la fin du XIXème et au début du XXème siècle. Sa réputation à l'étranger n'est déjà plus à faire : dès 1867, un café de Santo Antão, présenté par l'exposant J.-A. Martins remporte la médaille de bronze à l'exposition universelle de Paris tandis qu'un café de Santiago obtient la mention honorable. Dans la première moitié du XXème siècle, il est toujours aussi prisé en Europe.

Sac de café.

Parmi les cafés des colonies portugaises d'Afrique, ce sont ceux des îles du Cap-Vert qui atteignent les cours les plus élevés sur le marché de Lisbonne.

(Revue internationale des produits coloniaux du 1er janvier 1927).

Pendant toute cette période, et même au-delà, il est produit principalement à Santo Antão. Des bateaux l'acheminent notamment vers la métropole, depuis le port de Ponta do Sol. Entre mars et avril, quantité de femmes, chantonnant, s'affairent à la cueillette.

Une timide mise en production

La production est cependant encore timide et les méthodes basiques, malgré l'opportunité offerte, en 1804, par l'indépendance de Saint-Domingue (premier pays exportateur), qui le conduit à l'abandon de l'esclavage, source de main d’œuvre. Le développement de la culture du café dans l'archipel est en effet chaotique. Alors que le Brésil, en passe de remplacer Saint-Domingue, s'approche lui aussi de son indépendance (1825), le Portugal cherche à développer la culture du café dans ses autres colonies africaines (Cap-Vert, São Tomé et Angola) pour continuer à assurer ses approvisionnements sans interférence étrangère. Entré dans une phase de décadence économique liée notamment aux restrictions imposées par l'Angleterre sur le commerce des esclaves, dont il était une plaque-tournante, le Cap-Vert est lui-même en quête de ressources nouvelles, d'autant qu'il est de plus en prise à de sévères sécheresses engendrant des famines. La colonie subit cependant pendant des décennies encore des droits de douane très favorables au Brésil, freinant ses exportations. Des agriculteurs en arrachent leurs plants...

Le long périple des plants de café

Plants de café.

Du Brésil, le Cap-Vert reçoit néanmoins ses premiers plants. Les premiers caféiers y arrivent en 1727, probablement clandestinement depuis la Guyane. Quelques années plus tôt, comme les Pays-Bas à la même époque, mais aussi plus tard l'Angleterre et l'Espagne, la France les avait en effet introduits dans ses colonies (notamment la Martinique, la Guadeloupe et Saint-Domingue) en vue de satisfaire la demande, croissante depuis l'ouverture, quelques décennies plus tôt, des maisons de café, lieux d'échanges culturels.

Au siècle précédent, les caféiers avaient rejoint l'Europe depuis la péninsule arabique, où ils avaient été transplantés... depuis l'Afrique. Car tout “arabica” qu'il est, c'est dans le Kaffa, région du sud-ouest de l'Ethiopie, qu'est né le café. Mais c'est là une autre histoire...

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